Je travaille avec le doute, le mouvement, l’expérimentation et l’instinct.

Benoît Vermeulen

Biographie

Cofondateur et codirecteur artistique du Théâtre Le Clou, Benoît Vermeulen poursuit ses recherches en mise en scène en provoquant des rencontres entre un auteur et ses désirs formels et narratifs. L’équipe de création est invitée, tout au long du processus d’écriture, à se nourrir des dimensions esthétiques et structurelles qui font l’objet de la recherche. Sont ainsi nées plusieurs des productions du Théâtre Le Clou : Les trains, Jusqu’aux Os!, Noëlle en juillet, Au moment de sa disparition, Romances et karaoké, Assoiffés, Éclats et autres libertés, Appels entrants illimités et Le garçon au visage disparu. Il a également mis en scène pour la compagnie plusieurs éditions du spectacle Les Zurbains. De plus, il a signé ces dernières années les mises en scène de Des arbres à la Manufacture, de Province du Théâtre de la Banquette Arrière, de Mélodie-dépanneur du Petit Théâtre du Nord et des Mauvaises herbes du Théâtre Bouches Décousues. Il enseigne et crée régulièrement des spectacles avec les finissants des différentes écoles de théâtre. Il a participé, à titre de comédien, à de nombreuses productions avec le Théâtre PàP, Le Carrousel, le Théâtre Denise-Pelletier, le Groupe multidisciplinaire de Montréal et le Théâtre Il va s’en dire. Il a été responsable, de 2007 à 2012, de la section enfance-jeunesse du Théâtre français du Centre national des Arts à Ottawa, en tant qu’artiste associé au directeur artistique Wajdi Mouawad. Il a reçu deux fois le Masque de la mise en scène, d’abord en 2003 pour son travail sur Au moment de sa disparition, puis en 2005 pour Romances et Karaoké. En mai 2013, Benoît Vermeulen se voit remettre, par le recteur de l'Université du Québec à Montréal, M. Robert Proulx (Ph. D), la Reconnaissance de mérite artistique pour sa contribution exceptionnelle à l'univers artistique du théâtre pour adolescents.

Démarche artistique

Je travaille avec le doute, le mouvement, l’expérimentation et l’instinct. Les associations aléatoires. Je fais de la recherche en laissant le plus d’espace possible aux autres créateurs qui m’accompagnent dans le projet. Je crois au parcours et au collectif. Aux détails qui s’imposent lorsqu’on chemine tous ensemble vers un même but. Par étapes. L’important est d’avancer sans rien figer. Après l’expérimentation, on laisse reposer. On analyse, on décortique, on intellectualise, puis on repart, l’instinct et la liberté devant. J’aime travailler à partir de réalité ou de sujet qui me préoccupe intimement mais à travers lesquels je peux également porter un regard sur une réalité sociale ou culturelle plus large. L’intime et le global. L’excès et le détail. L’auteur que j’approche (car j’ai toujours, jusqu’à présent, approché un auteur pour qu’on collabore avant même l’écriture du texte) est la pierre angulaire de la recherche. Le principal complice. J’ai besoin que le langage formel que j’explore influence le langage textuel et vice-versa. Contamination positive. Ce qui constitue mon principal moteur de recherche : l’état adolescent. C’est une source d’inspiration très forte. L’état adolescent n’est pas l’adolescence telle quelle. C’est un état qui débute à l’adolescence et qui se poursuit toute la vie, malgré les nuances que celle-ci peut lui apporter. Un état qu’on pourrait décrire comme l’éveil d’un rapport différent au monde. Cet état est multiple, propre à chacun. Moi, c’est le mien que je fouille et que je nourris de projet en projet avec la complicité de l’état adolescent des autres créateurs. Et je le sais intarissable.