Le chant du koï

Le théâtre musical

 

Les théoriciens ne s’entendent pas encore sur la définition du théâtre musical. Selon le musicologue Pierre Saby, il doit être considéré sur un plan général englobant toutes les formes de spectacles qui unissent l’action scénique et la musique (aussi le chant). Il mentionne toutefois que cette dénomination a tendance à être utilisée dans le cas où la musique joue un rôle constitutif du spectacle. Ainsi, selon cette définition, le théâtre musical comprend à la fois l’opéra, l’opérette et la comédie musicale.

Par ailleurs, pour l’auteur et professeur Patrice Pavis, il faut distinguer le théâtre musical de l’opéra, de l’opérette et de la comédie musicale. Selon lui, le théâtre musical représente une forme contemporaine de théâtre et se veut davantage une rencontre entre le texte, la musique (incluant le chant) et la mise en scène sans les distancier les uns des autres.

Au Québec, où le théâtre musical est devenu de plus en plus populaire dans les dernières décennies, les créateurs s’entendent pour dire que la trame dramatique y est habituellement plus importante que dans la comédie musicale ou l’opéra rock. Les dialogues parlés se marient avec la musique. Il est essentiel que les chansons fassent partie du fil dramatique et qu’on passe sans heurt du texte parlé au texte chanté.

De son côté, le metteur en scène Sylvain Scott explique sa vision du théâtre musical ainsi : « À la différence d’une comédie musicale classique où les scènes parlées sont souvent plus des prétextes pour introduire les chansons, l’histoire du Chant du koï est beaucoup racontée par le texte parlé. Le chant devient donc en quelque sorte une valeur ajoutée qui permet aux personnages de révéler au public une partie plus intime d’eux-mêmes et dans un registre différent. La chanson agit à l’intérieur même du contenu dramatique. Par les paroles des chansons, le personnage se dévoile. »

Sources :
• Saby, Pierre, Vocabulaire de l’opéra, Minerve, Paris, 1999.
• Pavis, Patrice, Dictionnaire du théâtre, Éditions Dunod, Paris, 1996.